Est-il temps d’investir en Chine à nouveau?
Un aperçu des développements qui ont façonné la deuxième économie mondiale ces derniers mois et ce à quoi s’attendre.

En examinant la performance de l’indice MSCI China Total Return au cours de la dernière décennie, la citation de Charles Dickens, « C’était le meilleur des temps, c’était le pire des temps », vient à l'esprit. Du 24 octobre 2014 au 17 février 2021 (son sommet), le rendement annualisé de l’indice était de 14,77 %. Cependant, entre le 17 février 2021 et le 25 octobre 2024, son rendement annualisé a été de -14,27 %. Comme le montre le graphique, la récente hausse de performance est attribuée au plan de relance monétaire surprise lancé par le gouvernement chinois pour stimuler son économie et atteindre son objectif de croissance de 5 %.
Fin septembre 2024, la Banque populaire de Chine (PBOC) a dévoilé un plan de soutien au marché immobilier, comprenant une réduction des coûts d’emprunt sur près de 5,3 billions de dollars américains en hypothèques et un assouplissement des règles pour les achats de résidences secondaires. Le ratio des réserves obligatoires a été réduit de 50 points de base, et le gouverneur Pan Gongsheng a évoqué une possible nouvelle baisse de 0,25 à 0,50 point de base d’ici la fin de l’année. Étant donné que la croissance économique de la Chine a ralenti, entravée par le marasme immobilier et une faible confiance des consommateurs, ces initiatives ont été accueillies favorablement, entraînant une forte hausse des actions chinoises.
On dit souvent que le bonheur résulte d’un équilibre entre les attentes et la réalité. Si c’est vrai, les investisseurs en actions chinoises doivent ressentir des émotions mitigées en ce moment. Bien que le récent plan de relance ait suscité l’enthousiasme des investisseurs, il a également créé une attente de mesures supplémentaires. Toutefois, ces mesures supplémentaires seront-elles suffisantes pour répondre aux attentes de tous les participants au marché et des parties prenantes?
Attentes autour des mesures fiscales
Comme rapporté par Bloomberg, lors des réunions annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, le vice-ministre chinois des Finances, Liao Min, a évoqué le plan fiscal à venir de Pékin en déclarant :
« Les objectifs sont de renforcer la puissance des politiques macroéconomiques pour accroître la demande intérieure et atteindre l’objectif de croissance du PIB pour cette année. En même temps, il s’agit de coordonner avec la politique monétaire pour restructurer l’économie, en particulier pour stimuler la demande intérieure, y compris la consommation. L’ampleur de ce cycle de mesures sera d’une échelle assez importante. »
L’accent mis sur la consommation est révélateur, car il indique où le gouvernement chinois concentre ses efforts. En remontant à 2008/2009, le plan de relance économique chinois de 4 000 milliards de RMB (586 milliards USD) visait à minimiser l’impact de la Grande Récession en investissant dans des secteurs clés tels que le logement, les infrastructures rurales, les transports, etc. Bien que ce plan ait efficacement stimulé l’économie, il est souvent cité comme l’une des raisons de l’endettement croissant de la Chine, avec un ratio dette/PIB approchant les 300 %.
Pourquoi est-ce pertinent? La Chine s’éloigne d’une croissance industrielle rapide pour privilégier une croissance durable axée sur la consommation comme moteur de la reprise économique. Le gouvernement semble ainsi s’orienter vers une croissance économique plus qualitative en augmentant la consommation, en rééquilibrant l’économie et en se concentrant sur la production technologique de pointe. Par conséquent, les politiques fiscales attendues après la réunion du Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire, prévue du 4 au 8 novembre, refléteront cette nouvelle trajectoire économique.
Est-il temps d’investir en Chine à nouveau?
Répondre à cette question dépend de la perspective et des attentes de chacun, mais certains faits incontournables doivent être pris en compte.
L’immobilier représente environ 25 à 30 % de l’économie chinoise. Étant donné que la dette liée à l’immobilier pèse sur les ménages chinois et que ce secteur joue un rôle central dans l’économie, le ralentissement immobilier continuera d’affecter l’économie chinoise à court terme. Face à cette incertitude, les ménages chinois privilégient l’épargne au détriment de la consommation, ce qui va à l’encontre des objectifs économiques de l’État.
Des événements externes pourraient également influencer les plans économiques de la Chine, notamment les prochaines élections présidentielles américaines. Comme mentionné dans des articles précédents, les deux principaux candidats (Donald Trump et la vice-présidente Kamala Harris) ont exprimé leurs visions économiques vis-à-vis de la Chine : l’ancien président souhaite appliquer des tarifs douaniers sur tous les produits chinois, tandis que la vice-présidente semble vouloir maintenir le statu quo de l’administration Biden.
Cependant, une autre perspective est que la Chine, deuxième économie mondiale, reste essentielle à l’économie globale. Par exemple, les tentatives d’autres pays de bloquer les véhicules électriques chinois ou de limiter le développement de ses semi-conducteurs n’ont pas réussi. Ainsi, bien que le ralentissement immobilier actuel puisse peser sur l’économie, certains secteurs pourraient en tirer parti grâce à la demande mondiale.
Conclusion
Investir repose sur la patience et une vision à long terme. Actuellement, la Chine se trouve à un point d’inflexion où ses perspectives économiques à court terme restent incertaines. Cependant, pour ceux qui adoptent une vision à long terme et croient que la Chine entre dans une nouvelle phase de son développement, c’est peut-être le moment de prendre position sur les niveaux actuels du marché.
Pour les investisseurs canadiens souhaitant une exposition aux actions chinoises, le iShares China Index ETF (symbole : XCH) et le Mackenzie China A-Shares CSI 300 Index ETF (symbole : QCH) offrent des options intéressantes. XCH suit l’indice FTSE 50, composé des 50 plus grandes actions chinoises les plus liquides, tandis que QCH suit l’indice CSI 300, reflétant la performance des 300 principales actions des bourses de Shanghai et Shenzhen.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Il est essentiel de consulter un professionnel financier agréé avant de prendre toute décision d’investissement.

