Les FNB de FPI canadiens se négocient aux creux du COVID-19 de mars 2020
Les FNB détenant des FPI (fonds de placement immobilier) canadiens ont récemment subi des pertes historiquement élevées. Voici pourquoi.

En mars 2020, alors que le COVID-19 se propageait rapidement, le marché canadien des actions s'est effondré, certains secteurs étant les plus touchés. Les fonds de placement immobilier (FPI), qui dépendent souvent de la vigueur du commerce et de l'occupation des locaux, ont été particulièrement touchés.
Les fermetures généralisées ont gravement perturbé le marché des FPI, en particulier ceux qui se concentrent sur les propriétés industrielles et commerciales, car les entreprises ont réduit leurs activités et le trafic piétonnier s'est évanoui.
Même les FPI résidentielles ont dû faire face à des moratoires et des gels de loyers imposés par les gouvernements, ce qui a réduit leurs sources de revenus.
Après une forte mais brève reprise en 2021, les FNB canadiens de FPI ont de nouveau été confrontés à une tendance à la baisse tout au long de 2022 et jusqu'en 2023.
Cette pression continue sur les FPI reflète non seulement les effets persistants de la pandémie, mais aussi les vents contraires de l'économie en général. Évaluons les facteurs à l'origine de ce marasme prolongé et analysons quelques-uns des principaux FNB de FPI sur le marché canadien.
Que s'est-il passé à partir de 2022 ?
Depuis 2022, le paysage financier est largement façonné par une force dominante : la hausse des taux d'intérêt. Pour les détenteurs de prêts hypothécaires, cette tendance s'est traduite par des contraintes financières tangibles au fur et à mesure que les paiements augmentaient.
Cela fait partie d'une stratégie délibérée des banques centrales pour maîtriser l'inflation, qui a vu les taux augmenter régulièrement au point que le taux d'intérêt directeur a été maintenu à 5 % lors de la récente décision du 25 octobre.
L'intention est claire : refroidir l'économie en surchauffe et ramener l'inflation aux niveaux visés. Toutefois, ce resserrement monétaire a des répercussions sur divers secteurs économiques, dont les sociétés de placement immobilier. Ces derniers sont particulièrement sensibles aux hausses de taux d'intérêt pour deux raisons essentielles.
Tout d'abord, leur structure de capital repose souvent sur l'endettement pour financer l'acquisition et le développement de biens immobiliers. Avec la hausse des taux d'intérêt, le coût de l'emprunt augmente, ce qui réduit les marges et la rentabilité. Cela peut affecter leur capacité à verser des dividendes, qui constituent un attrait majeur pour les investisseurs dans les FPI.
Deuxièmement, lorsque les taux d'intérêt sont bas, les FPI sont attrayants pour les investisseurs en raison de leurs rendements généralement plus élevés que ceux des autres actifs à revenu fixe.
Toutefois, à mesure que les taux augmentent, l'attrait relatif diminue. Les placements sans risque ou moins risqués, comme les certificats de placement garanti (CPG) et les FNB de comptes d'épargne à intérêt élevé, deviennent plus compétitifs, car ils commencent à offrir des rendements pouvant dépasser 5 %.
Cette évolution peut entraîner un flux de capitaux des FPI vers ces actifs plus sûrs, ce qui exerce une pression à la baisse sur les prix des FPI et les rend moins attrayants pour les investisseurs axés sur les revenus et ceux qui sont orientés vers la croissance.
L'effet sur les FNB FPI
L'impact de l'environnement économique et des taux d'intérêt sur la performance des FNB de FPI canadiens a été nettement négatif. Trois des plus grands FNB de FPI en termes d'actifs sous gestion au Canada ont tous souffert.
Le BMO Equal Weight REITs Index ETF (ZRE), qui adopte une stratégie d'équipondération, et le CI Canadian REIT ETF (RIT), qui est géré activement, n'ont pas été en mesure d'éviter le ralentissement subi par le iShares S&P/TSX Capped REIT Index ETF (XRE), plus populaire et pondéré en fonction de la capitalisation boursière.
Tout au long de 2022 et en 2023, à la fin du mois d'octobre, ces principaux FNB de FPI ont non seulement sous-performé par rapport au S&P/TSX 60 Index ETF (XIU), mais ils ont également connu des baisses plus importantes et une plus grande volatilité. Cette sous-performance met en évidence la sensibilité des FPI aux variations des taux d'intérêt et aux tensions plus générales sur les marchés.

Pour les investisseurs averses au risque, ces prix plus bas peuvent sembler être un point d'entrée attrayant, suggérant un rebond potentiel et une opportunité d'achat. Toutefois, la prudence est de mise.
Les investisseurs qui ont adopté un état d'esprit similaire en 2022 se sont heurtés à des pertes continues, un scénario qui s'apparente à "attraper un couteau qui tombe". Dans ce contexte, il pourrait être prudent de chercher des opportunités au-delà des frontières canadiennes.
La diversification est souvent un principe clé de l'investissement résilient, et face aux difficultés des sociétés de placement immobilier nationales, se tourner vers les marchés mondiaux pourrait offrir un terrain plus stable.
Des outils tels que le Cboe FNB screener peuvent aider les investisseurs à trouver des FPI et des ETF immobiliers ayant une exposition mondiale, ce qui pourrait atténuer les risques associés au marché immobilier canadien et offrir une couverture contre les ralentissements économiques locaux.
Veuillez noter que cet article est publié à titre d'information uniquement et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Il est essentiel que vous demandiez conseil à un professionnel de la finance agréé avant de prendre une décision d'investissement.

