Les récentes difficultés rencontrées par les actions bancaires représentent une opportunité pour les investisseurs
Malgré leur récente sous-performance, les banques canadiennes méritent d'être reconsidérées en raison de leurs dividendes élevés, de leurs provisions temporaires et de leur potentiel de retour à la moyenne à long terme.

Les banques font partie intégrante des portefeuilles des investisseurs canadiens et méritent une seconde chance après six mois de sous-performance relative. Les provisions pour pertes sur prêts et la nervosité du marché sont par nature temporaires et il est peu probable qu'elles affectent les fondamentaux à long terme des banques canadiennes.
Au moment où nous écrivons ces lignes (4 juin 2023), l'indice des banques canadiennes à pondération égale est stable pour l'année, avec une tendance à la baisse qui a débuté en mars après que la Silicon Valley Bank (SVB) a déclenché la dernière crise bancaire américaine. Malgré la sécurité relative et l'environnement réglementaire très différent des banques canadiennes, celles-ci ne sont pas à l'abri du sentiment du marché et ont été vendues, tout comme leurs homologues au sud de la frontière. Le fardeau de cette chute n'a toutefois pas été partagé de manière égale, les banques ayant une plus forte présence aux États-Unis ayant baissé davantage que celles dont les activités sont mondiales ou uniquement canadiennes. Si l'on examine les performances des cinq grandes banques, on constate que les trois banques qui ont enregistré des performances négatives au cours de l'année sont également celles qui sont les plus exposées aux activités bancaires aux États-Unis, tandis que la CIBC affiche les meilleures performances :

Bénéfices en baisse, provisions pour prêts en hausse
Avec la fin de la saison des résultats du deuxième trimestre, une tendance s'est dessinée dans les résultats des banques, qui met en lumière l'environnement dans lequel elles opèrent. En signe d'incertitude quant à la capacité des emprunteurs à rembourser leurs prêts, les cinq grandes banques ont augmenté leurs provisions pour pertes sur prêts sur l'ensemble de la période. Considérées comme une charge dans le compte de résultat, ces provisions réduisent les bénéfices du trimestre au cours duquel elles sont comptabilisées.
Bien qu'elles soient considérées comme une charge pour des raisons comptables, ces provisions ne signifient pas nécessairement que les prêts sont mauvais. Les provisions sont de l'argent que les banques mettent de côté en cas de sous-performance des prêts - elles ne prédisent pas nécessairement l'événement. La Banque de Montréal (BMO), par exemple, a connu la plus forte augmentation des provisions pour prêts, dépassant 1 milliard de dollars au deuxième trimestre.
Il y a cependant une mise en garde importante, à savoir qu'environ 70 % de ces provisions ont été héritées de l'acquisition de la Bank of the West et n'appartenaient pas à la BMO. Il s'agit d'une distinction importante, dans la mesure où elle ne reflète pas le marché principal de BMO (qui reste le Canada), et ne représente que les prêts hérités de sa récente acquisition. En ce qui concerne les acquisitions, la Banque Toronto-Dominion (TD) s'est retirée de son projet d'acquisition de la First Horizons Bank au début du mois de mai, à la lumière des problèmes bancaires américains, et a choisi de payer les quelque 250 millions de dollars de pénalités. Les analystes ont salué cette décision, estimant qu'il était plus favorable de payer la pénalité que de s'engager dans l'opération à une valeur beaucoup plus élevée que la valeur actuelle du marché.
Malgré ces résultats relativement médiocres, la plupart des banques canadiennes ont augmenté leurs dividendes au deuxième trimestre, ce qui témoigne d'une certaine confiance dans leur capacité à restituer des liquidités aux actionnaires à l'avenir et fait d'elles d'excellents placements de valeur et de revenu.
Profiter de l'occasion
L'indice bancaire étant relativement stable sur l'année, il serait facile de négliger les valeurs financières pour y placer des liquidités. Après tout, le secteur technologique en plein essor a clairement été le favori des investisseurs cette année. Il y a quelques raisons d'envisager d'augmenter votre allocation aux banques canadiennes, ou d'initier une nouvelle position, notamment :
- Rendements élevés des dividendes : Les banques canadiennes ont non seulement réussi à maintenir leurs dividendes, mais la plupart d'entre elles ont choisi de les augmenter malgré la récente série de mauvaises nouvelles en provenance des États-Unis. Les banques ont maintenant un rendement de 4 % à 6,5 %, ce qui en fait un excellent choix pour les flux de trésorerie.
- Les provisions sont temporaires et peuvent être libérées : L'augmentation susmentionnée des provisions pour pertes sur prêts est un élément normal d'une gestion prudente du capital, une caractéristique pour laquelle les banques canadiennes sont bien connues et respectées. L'augmentation des provisions n'indique pas nécessairement une augmentation des défauts de paiement. Les provisions pour prêts sont restées élevées tout au long de la pandémie de grippe aviaire et ont ensuite été réduites, ce qui a permis de libérer des liquidités pour les dividendes et les rachats d'actions.
- Retour à la moyenne : Les banques canadiennes ont tendance à afficher des performances similaires sur le long terme, ce qui signifie que les écarts à court terme sont généralement suivis par des événements qui permettent aux retardataires de rattraper leurs pairs. Certains FNB, comme ceux énumérés ci-dessous, peuvent tirer parti de cette dynamique.
FNB à considérer
Pour le revenu :
- Hamilton Enhanced Canadian Banks – HCAL
- BMO Covered Call Canadian Banks ETF – ZWB
- CI Canadian Banks Covered Call ETF – CIC
Pour un retour à la moyenne :
Veuillez noter que cet article est publié à titre d'information uniquement et ne constitue en aucun cas un conseil d'investissement. Il est essentiel que vous demandiez conseil à un professionnel de la finance agréé avant de prendre une décision d'investissement.

