Le portefeuille paresseux canadien : est-il encore pertinent en 2023 ?
Voici un aperçu d'un modèle de portefeuille historiquement populaire pour les investisseurs canadiens.

L'une des meilleures ressources pour les investisseurs canadiens au cours de la dernière décennie était (et est toujours) “Canadian Couch Potato”. Dirigé par Dan Bortolotti, ce blog offre aux Canadiens un guide complet de l'investissement indiciel. Une grande partie du blog est constituée par la série de "portefeuilles modèles" de Dan, qui fournit aux investisseurs canadiens des choix de FNB.
Depuis le lancement de la gamme de FNB de répartition de l'actif de Vanguard, iShares et BMO, les portefeuilles modèle paresseux ont été radicalement simplifiés pour utiliser ces FNB, et ce pour une bonne raison. Leur simplicité et leurs frais peu élevés sont de bon augure pour les investisseurs bricoleurs, qui ont parfois tendance à trop bricoler.
Cela dit, c'est l'ancien "portefeuille à trois FNB" modèle paresseux qui m'a permis de commencer à investir à l'époque, et je pense qu'il est toujours pertinent aujourd'hui, malgré sa plus grande complexité. Il offre surtout un exemple concret des avantages de l'indexation passive et de la diversification.
Voyons en quoi consistait ce portefeuille et si cela vaut la peine de le mettre en œuvre en 2023.
Qu'est-ce qu'un portefeuille "paresseux" ?
En matière d'investissement, la paresse est en fait une vertu. Bien sûr, certains d'entre nous peuvent être obsédés par des mesures de portefeuille telles que les ratios de Sharpe, les écarts, les corrélations, etc., mais il convient de noter que la majorité des investisseurs canadiens ne cherchent pas à faire de même.
Si l'investissement peut être un bon passe-temps pour certains, pour d'autres, il peut s'agir d'une corvée et d'un mal nécessaire. Parfois, les gens veulent simplement mettre en place et oublier un portefeuille d'investissement pour leur retraite, afin de pouvoir se concentrer sur les choses qui comptent vraiment pour eux.
C'est là qu'intervient le portefeuille paresseux. Avant le lancement des FNB d'allocation d'actifs, la version à trois FNB était conçue comme un portefeuille simple, accessible, très diversifié, peu coûteux et facile à gérer pour le profane qui souhaitait ne pas s'occuper de ses investissements.
Composé de seulement trois FNB (un FNB d'actions mondiales ex-Canada à capitalisation globale, un FNB d'actions canadiennes à capitalisation globale et un FNB d'obligations canadiennes globales), l'ancien portefeuille paresseux représentait le meilleur de la philosophie d'investissement passif de John Bogle, qui consiste à "acheter la botte de foin".
Le portefeuille paresseux ne battra pas le marché, mais il est peu probable qu'il le sous-performe radicalement non plus. Il vise à capter le rendement moyen à long terme du marché, ce qui, combiné à des cotisations régulières, peut permettre aux investisseurs de se préparer une solide retraite. Comme l'a dit John Bogle : " viser la moyenne est votre meilleure chance de finir au-dessus de la moyenne ".
Constituer le portefeuille paresseux
De mon point de vue, le portefeuille paresseux avait trois objectifs principaux :
- Diversifier les actions mondiales (américaines, développées et émergentes) de toutes tailles de capitalisation boursière et de tous secteurs de marché, avec une préférence pour les actions canadiennes.
- Assurer une allocation saine d'obligations canadiennes globales adaptée à la tolérance au risque et à l'horizon temporel d'un individu.
- Il s'agit de maintenir les frais à un niveau aussi bas que possible, la rotation des FNB à un niveau aussi bas que possible et les composantes du portefeuille à un niveau aussi bas que possible. Cela signifie l'utilisation de FNB indiciels passifs.
À l'époque, Dan avait suggéré d'utiliser trois FNB, un de Vanguard, un de iShares et un de BMO :
- Actions mondiales hors Canada : iShares Core MSCI All Country World ex Canada Index ETF (XAW)
- Actions canadiennes : Vanguard FTSE Canada All Cap Index ETF (VCN)
- Obligations canadiennes : BMO Aggregate Bond Index ETF (ZAG)
Par exemple, une répartition 80/20 actions/obligations basée sur ce qui précède pourrait ressembler à 60 % de XAW, 20 % de VCN et 20 % de ZAG. Il en résulterait une pondération de 25 % d'actions canadiennes et un ratio de frais moyen pondéré de 0,16 %.
Voici comment cette combinaison, rééquilibrée annuellement, se serait comportée par rapport au Vanguard Growth ETF Portfolio (TSX:VGRO), actuellement recommandé par Dan.

