Pourquoi il est important d'opter pour un bêta à faible coût pour votre exposition de base aux actions internationales ?
La diversification des actions internationales est importante, mais le prix que vous payez pour l'obtenir a son importance.

Les investisseurs font souvent preuve d'un "biais pour le pays d'origine", préférant investir dans des actions nationales par familiarité ou par patriotisme.
Au Canada, ce biais est particulièrement évident ; bien que les actions canadiennes représentent environ 3 % de la capitalisation boursière mondiale, de nombreux investisseurs canadiens favorisent de manière disproportionnée leur marché national. Il n'est pas rare de voir des ETF d'allocation d'actifs investis à hauteur de 20 à 30 % dans des actions canadiennes, surpondérant ainsi de manière significative une tranche qui, globalement, est relativement petite.
Toutefois, si l'on souscrit aux principes de l'efficience des marchés, du retour à la moyenne et de la nature cyclique des secteurs et régions gagnants, il est difficile de justifier le fait d'ignorer 97 % du marché mondial investissable. Se limiter au Canada, c'est se priver d'un monde d'opportunités.
En outre, la diversification ne consiste pas seulement à ajouter des actions américaines ou à détenir le S&P 500. Bien que le marché américain soit un mastodonte et qu'il ait été très performant, il n'englobe pas l'ensemble des opportunités d'investissement au niveau mondial.
Les marchés internationaux développés et émergents offrent une exposition à des cycles économiques différents, à des fluctuations monétaires et à des entreprises innovantes que l'on ne trouve tout simplement pas en Amérique du Nord. Voici les arguments en faveur d'une exposition peu coûteuse aux actions internationales.
Pourquoi une exposition aux marchés développés ?
Cette concentration sectorielle peut accroître le risque en raison d'un manque de diversification et d'une exposition à la volatilité des prix des matières premières, en particulier dans le secteur de l'énergie.
En revanche, les marchés développés offrent une plus grande diversification sectorielle. L'indice MSCI EAFE, qui comprend des actions d'Europe, d'Australasie et d'Extrême-Orient, présente une répartition beaucoup plus équilibrée.
Les valeurs financières détiennent toujours une part importante de l'indice, mais la répartition est plus équilibrée, les secteurs de l'industrie, de la santé, de la consommation discrétionnaire et d'autres secteurs constituant une part importante de l'indice. Cette répartition permet d'atténuer les risques sectoriels inhérents au marché canadien.
Les grandes entreprises internationales jouent un rôle essentiel dans cette exposition diversifiée. Des géants comme Novo Nordisk et AstraZeneca dans le secteur de la santé, Nestlé dans le secteur de la consommation de base, ASML Holding dans le secteur des technologies de l'information et Toyota Motor dans le secteur de la consommation discrétionnaire, pour n'en citer que quelques-uns, sont importants pour les marchés mondiaux.
Ces entreprises, ainsi que d'autres comme Shell et TotalEnergies dans le secteur de l'énergie et le conglomérat de produits de luxe LVMH Moet Hennessy, contribuent à l'empreinte économique mondiale.
Leur inclusion dans un portefeuille permet aux investisseurs canadiens de s'exposer à divers secteurs économiques et régions géographiques, ce qui réduit la volatilité et améliore le potentiel de croissance à long terme.
Pourquoi une exposition aux marchés émergents ?
Les marchés émergents ont souvent été négligés au cours de la dernière décennie, en grande partie à cause de ce que l'on peut qualifier de biais de récurrence.
L'impression que ces marchés ont sous-performé n'est pas totalement infondée ; cependant, il est important de noter que les performances exceptionnelles du marché américain au cours de cette période ont été influencées de manière disproportionnée par la croissance astronomique d'un groupe sélectionné d'entreprises technologiques à très forte capitalisation.
Cette concentration sur quelques titres à forte croissance a faussé la perception globale des performances du marché américain. Pour mettre cela en perspective, il est instructif de considérer la "décennie perdue" pour les actions américaines, de 1999 à 2009.

Au cours de cette période, le marché américain est resté relativement stable, tandis que les marchés émergents ont enregistré de solides rendements à deux chiffres. Cela nous rappelle que le leadership du marché est cyclique et que la domination récente des actions américaines ne garantit pas une surperformance future.
Les marchés émergents comportent des risques supplémentaires, notamment l'instabilité politique, la volatilité des devises et des systèmes économiques moins matures. Les investisseurs qui prennent ces risques devraient, en théorie, être récompensés à long terme pour leur tolérance à ces incertitudes.
Enfin, l'inclusion des marchés émergents dans un portefeuille peut être une décision stratégique pour une croissance diversifiée à long terme. Ces marchés se caractérisent souvent par une population jeune et en pleine croissance, ainsi que par une urbanisation croissante, ce qui stimule la demande des consommateurs et pourrait conduire à une expansion économique significative.
Les ETF à surveiller pour les actions des marchés développés et émergents
Lorsqu'il s'agit de constituer l'allocation en actions internationales d'un portefeuille, mon principal objectif est de garantir une exposition à faible coût au bêta du marché. Cette stratégie consiste à suivre passivement de grands indices, ce qui présente plusieurs avantages.
En s'alignant sur les mouvements généraux du marché, les investisseurs peuvent s'attendre à une réduction de l'écart de suivi - la divergence par rapport à la performance de l'indice de référence - ce qui peut être crucial pour ceux qui recherchent des résultats prévisibles.
En outre, cette approche se traduit souvent par une diminution de la rotation, ce qui signifie moins de transactions et de coûts associés, ce qui contribue à maintenir l'efficacité et à préserver les rendements.
En outre, les ratios de dépenses inférieurs associés aux ETF à gestion passive constituent un avantage significatif. Ils réduisent l'impact sur la performance des options d'investissement plus coûteuses, ce qui en fait une source de risque facilement contrôlable.
Deux des ETF que je surveille en ce moment sont le Franklin International Equity Index ETF (FLUR) et le Franklin Emerging Markets Equity Index ETF (FLEM).
Avec un ratio de frais de 0,10 % et 0,33 % respectivement, ces deux FNB offrent une exposition abordable à l'indice Solactive GBS Developed Markets ex-North America Large & Mid Cap et à l'indice Solactive GBS Emerging Markets Large & Mid Cap.
Pour ce qui est de la construction du portefeuille, l'adoption d'une approche "noyau et exploration" peut offrir un cadre structuré mais flexible pour l'exposition internationale. Des ETF tels que FLUR et FLEM peuvent servir de "noyau dur" à l'allocation internationale, en offrant une exposition large et diversifiée aux marchés développés et émergents, respectivement.
Autour de ce noyau, les investisseurs peuvent "explorer" avec des ETF internationaux spécifiques à un facteur ou à un style. Il peut s'agir de privilégier les dividendes pour les revenus, la qualité pour la stabilité, la faible volatilité pour la gestion des risques, l'élan pour la croissance ou la valeur pour la surperformance potentielle.
Veuillez noter que cet article est publié à titre d'information uniquement et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Il est essentiel que vous demandiez conseil à un professionnel de la finance agréé avant de prendre une décision d'investissement.

